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The hammer in my head, 2017

// part 1 //
// part 2 //
as performed on Sunday 5th March at Le Générateur, Gentilly for Performances de Mars !

En prenant conscience d’une idée qui nous est nouvelle, on en parle sans arrêt. Et au delà de ça, tous les sujets que l’on aborde, on les aborde à travers ce nouveau prisme. On en va jusqu’au prosélytisme - essentiellement pour nous en convaincre nous même. On répète les mêmes mots, légèrement reformulés, jusqu’à ce que nous en soyons persuadés. C’est une façon d’ingurgiter notre conditionnement à cette idée, tout en laissant entendre que nous en sommes déjà sûrs.
En politique ou en amour.
On se répète.
Au début les Vikings ne savaient avancer qu’en ligne droite.
On parle de son être aimé, et lui répétons qu’on l’aime, pour que lui le sache, mais aussi pour s’assurer que nous le sachions.
Je t’aime. Je le dis, le redis. Je le répète sans jamais en épuiser son essence. Que tout le monde sache que je t’aime. Surtout moi.
On se répète.
Dans ces phases de prises de conscience de notions nouvelles, on n’en peut plus d’en parler.
On en parle à tout va.
On en fait du prosélytisme, regardant tout aspect de la vie à travers ce spectre.

De nouvelles lunettes.

Nous répètons les même mots, légèrement reformulés, une variation s’introduisant à droite à gauche. Jusqu’à trouver notre assise, et jusqu’à ce que nous en soyons persuadés.
On répète pour intégrer. A la façon d’une punition d’écolier. On martèle. On ingurgite en répétant et répétant encore, tout en laissant entendre que nous en sommes sûrs. La défense de cette idée devient de la défense de soi tant on veut - on doit - en incarner la position dans son ensemble.
Le stade d’autopersuasion, où il est nécessaire de ressasser les mêmes choses. On aborde tout problème par le spectre de ce problématique. On écarte difficilement sa personne de l’idée, et la défense de celle-ci devient de la défense de soi. Le prosélytisme sert ainsi comme tentative d’être en accord avec son propos, de l’intégrer en se l’expliquant à soi-même dans le discours qu’on maintient face à autrui.

On se répète.
Pour que l’autre le sache, mais surtout que nous même sachions. Pour entendre les mots. Et que dans l’oralité, on puisse s’en convaincre.

Et dans le mieux des cas, plus on le dit, plus on le pense.

Se marteler le cerveau.
Se marteler le cerveau.
Se marteler le cerveau.

Un énorme merci à Rémi Blanes, mais aussi à Solène Caillebotte, Charles Bodin et Nicolas Rossi. Merci à toute l'équipe du Générateur.