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je disais, les vagues

Ils s’en vont de la plage. (Il pleut toujours à ce moment là.)
Ils s’en vont très loin,
et au fond ils savent (au fond) que les vagues continuent de gratter le sol.
Que les vagues persistent encore.

A lécher inlassablement le sable.
A lécher sans répit cette terre de verre - qu’ils ont enfin pu quitter.
Avant. Avant.
Avant.

Avant qu’elle ne les vampirise.
Avant que sa grande bouche folle ne montre ses dents,
avant que sa rouge bouche ne s’ouvre à peine
parce qu’à peine est déjà trop
parce qu’à peine est déjà suffisant pour être trop.
Le point de non retour. Le rocher de trop à grimper. Sans jamais dépasser ce caillou de larmes, point tournant, point
du demi tour final
point.

Ils s’en vont.
Ne s’avalanchent pas dans sa grande gueule dentée.
Ne se laissent pas emporter. Ils s’en vont.
Ils auront du sable plein les poches pendant des semaines à venir, mais ils s’en vont.

Elle les avalerait. Elle les boufferait.
Si seulement on lui avait cassé les dents. Si seulement on lui avait cassé les dents.
Un océan doit être calme pour les touristes.

Dans le doute, ils s’en vont.

Le doute.
De si même maintenant, alors qu’ils se sont déjà sauvés - alors qu’ils sont déjà loin. Le doute.
Est ce que l’eau continue de lécher le sol? A effacer les desseins? A bouffer le vécu.
Elle ne fera jamais silence.
Dans leur absence encore elle lèche. Compulsivement. Frénétiquement.
She can’t not do it. She can’t not do it. She can’t not do it. She can’t not do it.
Elle ne fera jamais silence.
(Dans leur absence encore elle lèche.)
Elle ne peut pas ne pas le faire.

Plage de la contingence.

Ronronnement de Schrödinger.

Et maintenant le vide sonore.
systématiquement
(Il pleut toujours quand ils s’en vont.)

Il pleut toujours.